Objectif Parite

Comment se manifestent les inégalités entre les femmes et les hommes au travail ?

By 26 mai 2020 No Comments

On passe une majeure partie de nos vies à travailler. En 2020, le travail est un élément devenu partie intégrante de notre bonheur personnel, incité par l’idée d’un épanouissement professionnel. Il devient indispensable de faire un métier qui nous passionne, nous fait vibrer, et nous stimule. Ces nouveaux besoins influencent la confiance en soi, l’efficacité, et la motivation profonde dans nos activités. Pourtant, beaucoup d’autres paramètres entrent en jeu lorsque l’on parle du milieu professionnel. 

 

Si le monde évolue à toute vitesse, les inégalités, elles, persistent. 

 

Depuis début 2020, les entreprises d’au moins 50 salariés se doivent d’évaluer chaque année leurs entreprises quant aux inégalités de genre présentes au sein de leur organisation. Cette note est rendue obligatoire par le ministère du Travail. On la nomme “l’Index de l’égalité professionnelle” (qui existe depuis 2019). L’index s’apprécie à partir d’une note sur 100, et se compose de 5 grands critères d’évaluation

  • l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes (40 points de la note) 
  • l’écart de répartition des augmentations individuelles (20 points)
  • l’écart de répartition des promotions (15 points)
  • le nombre de salariées augmentées à leur retour de congé de maternité (15 points)
  • la parité parmi les 10 plus hautes rémunérations (10 points)

 

Pour un score en deçà de 75, les entreprises doivent mettre en oeuvre un plan stratégique adapté pour atteindre le minimum requis, sous peine de sanctions économiques. Ces restrictions reflètent le caractère impératif pour répondre à ces déséquilibres.  

 

En réalité, comment les différences de traitement entre les hommes et les femmes au travail se manifestent ?

L’écart de rémunération est le marqueur principal dont nous entendons beaucoup parler. En moyenne, la rémunération des femmes est 9% moins importante que celle des hommes, à travail égal. Ce pourcentage atteint 27% tous postes confondus. Ces chiffres pourraient être en parti expliqués par la discrimination à l’embauche qui pousse les femmes à accepter plus facilement des postes à bas salaires.  L’égalité de rémunération fait référence aux salaires proprement dits, mais également aux avantages liés à l’entreprise (gratification, prime, indemnité, etc.). Selon les données du ministère du Travail, seulement 6% des entreprises françaises respectent l’égalité des salaires aujourd’hui.

Il est difficile de penser que le principe de “à travail égal, salaire égal” fait pourtant partie de la loi. La première fois énoncé dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, il était clairement énoncé “Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal”. Il semble que ces droits fondamentaux aient été brouillés…

femme sourire orange

 

Parmi les plus hautes rémunérations, le phénomène reste le même. Les organisations se doivent de compter au moins 4 femmes parmi ses 10 plus hauts salaires pour respecter les restrictions du gouvernement. Malheureusement, le plafond de verre écarte vraisemblablement les femmes du “top management” puisqu’une entreprise sur deux compte au moins 9 hommes dans les 10 plus gros salaires. 

Pour prouver une bonne gestion des problématiques liées aux augmentations individuelles (notamment lorsque l’on évoque le rattrapage salarial au retour de congé maternité), les entreprises doivent avoir accordé les mêmes augmentations aux femmes qu’aux hommes, à 2% près. Il en va de même pour les promotions. Concernant les augmentations précédant le congé maternité, les résultats sont positifs : nous passons d’un tiers des entreprises en 2019 respectant ce droit, à une sur dix en 2020. Bonne nouvelle ! 

Outre tous ces droits écrits sur papier, les femmes vivent au quotidien des formes de discriminations au sein de leur environnement professionnel qui jouent un rôle plus que néfaste dans notre société. Tous milieux confondus. On parle ici de harcèlement sexuel, de propos sexistes, de dévalorisations liées au genre, et de violences. 30% des femmes sont aujourd’hui victimes de ces sévices. Une enquête de l’Ifop pour la fondation Jean Jaurès constate que 60% des femmes en Europe ont déjà vécu une forme de sexisme au travail. C’est un chiffre qui fait peur quand on pense que ces violences sont susceptibles de causer des dommages d’ordre physique, psychologique, sexuel ou économique.

À ce titre, l’Organisation Internationale du Travail a adopté la première convention internationale contre les discriminations de genre au travail, en juin 2019. Elle vise à protéger les travailleuses, et prévoit une lutte drastique dans l’ensemble des politiques publiques.

Les États membres devront : 

  • sévir en respect à la législation ;  
  • former l’ensemble des intervenants sur le sujet ;  
  • faciliter la charge des preuves dans les affaires judiciaires ; 
  • et prévoir un long processus de soutien aux victimes, entre autres. 

 

Le 4 mars 2020, les deux tiers des entreprises de plus de 50 salariés ont rendu leurs résultats sur “l’Index de l’égalité professionnelle”. La note moyenne pour les entreprises de plus de 1000 salariés est de 87, contre 83 en 2019. On observe dans cette catégorie une amélioration qui laisse à penser que la lutte contre les inégalités liées aux genres prend une place grandissante dans les mentalités.

 

À l’avenir, nous voudrions tous profiter d’un environnement professionnel sain et source d’épanouissement personnel, sans se soucier d’éventuelles injustices liées à notre identité sexuelle. Pour cela, il faudrait adopter un comportement avide d’évolution : 

  • Renforcer la gouvernance dans le cadre des politiques liées à l’égalité des genres
  • Donner une accessibilité égale aux hommes et aux femmes aux opportunités professionnelles
  • Effacer les écarts de rémunération 
  • Intensifier la prévention contre les violences sexistes
  • Accompagner les situations liées à la parentalité 

 

Au long terme, l’ONU s’est engagé à ce que d’ici 2030, les femmes accèdent à l’égalité salariale, avec entre autre un salaire égal pour un travail de valeur égale. Apparemment, tout le monde a du pain sur la planche.

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