Objectif Parite

Réalisatrices pour la vie

By 4 mai 2021 No Comments

Le 25 avril 2021 se tenait la 93ème cérémonie des Oscars. Inutile de vous rappeler la nature de cet événement devenu iconique dans l’art cinématographique.  La première cérémonie eut lieu en 1929, à Los Angeles. Il y a donc bien longtemps que les récompenses sont distribuées entre les acteurs de la réalisation, de l’interprétation, du scénario, et de la technique des films que l’on va voir au cinéma.

 

Fun fact : Le plus jeune lauréat ayant reçu un Oscar est une femme : Tatum O’Neal avait 6 ans lorsqu’elle a reçu l’Oscar du Meilleur Second Rôle féminin dans le film “Paper Moon”.

 

Pour coller à cette actualité qui fait rêver, entre carrières hollywoodiennes et personnages mythiques, nous vous parlons des femmes. Non pas celles qui font face à la caméra, mais celles qui sont derrière, celles qui sont à l’origine des œuvres cinématographiques qui nous font vibrer.

Ce que l’on va vous dire ne vous étonnera pas : les femmes réalisatrices sont en sous-effectif. Elles sont loin d’être aussi nombreuses que leurs collègues masculins. Mais comme toujours, les choses tendent à s’améliorer petit à petit. 

En 2020, nous avons atteint le record du nombre de réalisatrices, selon l’étude récente du centre de recherches des femmes à la télévision et au cinéma de l’université San Diego State. Parmi les films les plus rentables de 2020, 16% ont été réalisés par une femme. Ce chiffre était de 12% en 2019

On a notamment pu voir en 2020 sur la scène internationale les femmes Cathy Yan et Patty Jenkins, respectivement réalisatrices des films “Birds of Prey” et “Wonder Woman 1984”. 

L’année 2020 marque donc l’histoire de façon positive dans le monde du cinéma. Beaucoup disent que la pression sociale exercée sur les studios concernant la place des réalisatrices dans le cinéma n’y est pas pour rien. En effet, les fans et les membres de l’industrie Hollywoodienne ont ouvertement poussé à plus de diversité de genres et d’origines. 

Mais comme le dit Martha Lauzen, directrice de l’étude à l’université de San Diego State, la route est encore longue.

“La mauvaise nouvelle c’est que 80% des films à gros budget ne sont pas dirigés par des femmes”

En France, le constat reste le même. En 45 cérémonies des Césars, seule une femme a reçu le César du meilleur réalisateur. C’était Tonie Marshall pour son film “Vénus Beauté”. 

Et les inégalités prennent différentes formes, que ce soit socialement ou économiquement. Pour le montrer, il était calculé en 2018 qu’une réalisatrice gagnait en moyenne 42% de moins qu’un réalisateur.

Dans le milieu culturel en général, les inégalités se traduisent par une précarité de l’emploi et une faible féminisation des métiers, surtout à des postes décisionnels. 

Mais en 2021 ça ne peut pas se passer comme ça ! 

 

Depuis 2018, le prix Alice Guy fait preuve de ce désir d’égalité des chances. 

Pause (presque) utile : Alice Guy est reconnue comme la première cinéaste de fiction, tout genre confondu. Elle a eu la carrière la plus longue, et a fondé son propre studio de production. Malheureusement, son travail est encore aujourd’hui trop méconnu. 

Cine-Woman est à l’origine de ce prix récompensant uniquement les femmes réalisatrices, et œuvrant pour impacter leur visibilité dans le monde du cinéma. 

Car, oui, elles tournent !

Cette fois-ci c’est la chaîne de télévision que l’on connaît bien, Arte, qui est de la partie. En décembre 2020, elle lançait le concours “Et pourtant elles tournent”, ouvert du 04 janvier au 15 mars 2021. Sous le thème “Besoin de personne”, les participantes doivent réaliser un court-métrage capable de convaincre le jury. Parmi les futures gagnantes, le 1er prix aura par la suite un contrat de développement pour un projet documentaire de 52 minutes.

De plus en plus d’étudiantes et de passionnées de journalisme et de cinéma se dévoilent avec le temps, et c’est ce que toutes ces initiatives féminines veulent mettre sur le devant de la scène.

Pour finir sur une haute note d’inspiration, voici trois réalisatrices que l’on affectionne particulièrement :

  • Maïwenn Le Besco, experte de films coups de poings qui bousculent les lignes, et exposent à l’image des sujets de société de grande envergure comme Polisse
  • Naomi Kawase, d’origine japonaise, bouleverse le monde du cinéma par sa sensibilité et sa singularité, comme dans L’esprit des montagnes.
  • Agnès Jaoui, librement féministe devant et derrière la caméra, fait partie du paysage audiovisuel français. Elle a été nommée au césar du meilleur réalisateur grâce avec son film Le goût des autres.

Il ne reste qu’une seule chose à vous dire : vivement que les cinémas ré-ouvrent leurs portes.

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